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Les marchands de soleil – face à la machine photovoltaïque

Raser des forêts au nom du dérèglement climatique ?

Aussi paradoxal et aberrant que cela puisse paraître, c’est pourtant bien de cela que viennent nous faire partager Clément Osé et Sylvie Bitterlin de leur livre passionnant, hyper documenté  « Les Marchands de Soleil – Face à la Machine Photovoltaïque » de chez Tana Editions. 
Un récit à deux voix, sensible, documenté et politique sur le photovoltaïque dans les espaces naturels et agricoles, à travers une immersion dans la lutte contre le photovoltaïque dans les forêts de la montagne de Lure au sein des Alpes-de-Haute-Provence.

Sur cette montagne, il y avait des projets de centrales photovoltaïques sur 1000 à 1500 hectares, majoritairement avec des coupes rases de forêts méditerranéennes déjà sensibles au changement climatique.  Le déboisement des 17 premiers hectares de cette forêt classée réserve de biosphère par l’UNESCO, abritant 88 espèces pourtant protégées, dont les intérêts vitaux ont été balayés d’un revers de main, a suscité l’émoi de citoyens, dont Sylvie Bitterlin, qui ont tenté, sans relâche, de bloquer les bulldozers.

Sylvie Bitterlin dans une tentative de blocage des bulldozers – @Tana Editions

Il s’est avéré que les travaux entrepris sur les 17 hectares déboisés étaient illégaux, la multinationale n’ayant pas de dérogations pour toutes les espèces protégées sur ce site.

Energie verte, renouvelable… ou greenwashing ?

L’énergie solaire est renouvelable mais intermittente et non pilotable. Elle ne peut remplacer intégralement les énergies pilotables pour assurer la continuité de la distribution de l’électricité sur les réseaux électriques mais s’y rajoute, car en l’absence de soleil, pas d’énergie.

Qu’en est-il des panneaux ? Clément Osé décrypte pour nous dans ce livre cette transition écologique pas toujours verte, car fabriquer des panneaux photovoltaïques nécessite des matériaux qui sont en quantité finie sur terre, des destructions à l’autre bout de la Planète pour une durée de vie limitée de 30 ans environ. Même si les panneaux désertent alors le site, tassé et terrassé, il y a de fortes chances que la forêt ne repousse pas.

Nous aurons l’occasion, avec Clément Osé et Sylvie Bitterlin, de poser un regard critique et documenté sur l’énergie, notamment renouvelable et l’activisme écologiste ; d’ouvrir un débat politique et de suggérer des alternatives compatibles avec le désir de garder notre Terre vivante et habitable.

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